GTA Spano : le prix de l'Ibère est rude
LES VOITURES LES PLUS RAPIDES DU MONDE - C'est un rêve espagnol. Du côté de Valence, un pilote et concessionnaire a tenté de développer une supercar. Las, sur les 99 unités prévues, seules 12 trouveront preneur en raison de la marque inconnue, et surtout du tarif élevé.

Parfois, certains pilotes, même de très grand niveau, sont aussi concessionnaires auto, pendant leur activité ou après leur retraite. Ce fut le cas d’Emerson Fittipaldi, détenteur d’un panneau Mercedes au Brésil dans les années 80C
Ce fut aussi le cas du moins connu Domingo Ochoa, concessionnaire Hyundai en Espagne dans les années 90, comme son confrère, plus capé, Nigel Mansell, l’a été jusqu’il y a peu.
De concessionnaire à constructeur
Ochoa, lui, a vendu des Pony du côté de Valence en Espagne. Il en a également profité pour continuer, en parallèle son activité de pilote et de metteur au point, courant parfois, et de manière honorable, sur des Hyundai Lantra préparées par ses soins, au sein de son écurie GTA Competicion. Pourquoi GTA ? Pour Grand Tourisme bien sûr, mais aussi parce que l’époque est à l’éclosion de Grand Theft Auto, le jeu vidéo très à la mode dès ses débuts.
Mais Ochoa voit plus loin que sa Lantra, et dès 2005, il observe un aristocrate suédois, Christian von Koenigsegg pulvériser un record du monde de vitesse avec l’une de ses créations : la CCR. L’engin est la première auto de série à atteindre les 388 km / h et son patron a mis en place un business model qui semble fonctionner : fabriquer des autos en très petites séries vendues très cher à de richissimes amateurs collectionneurs.
Pourquoi ce qui marche en Suède ne fonctionnerait pas en Espagne ? Alors Ochoa se lance et créée nouvelle boîte : GTA Motor, toujours à Ribarroja del Turia du côté de Valence. Il s’entoure des meilleurs ingénieurs espagnols et notamment de Sento Pallardò, un autre Valenciano. Il va spuerviser la création de l’auto, baptisée GTA Spano. Le logo de l’auto est un bouclier orné d’une tête de loup, du nom du patron, Ochoa, qui désigne l’animal dans un patois local.
Les choses avancent à un bon train et la voiture prend forme avec un dessin à la fois agressif et sobre. Son toit en verre s'opacifie à volonté et les matériaux utilisés sont au top, avec du carbone, du titane, du kevlar et du graphène en veux-tu en voilà.

Pour le moteur, Ochoa part d’une base connue : le V10 de 7,9 L de la Dodge Viper S-RT10. Il en tire 925 ch et un couple de 1220 Nm. De quoi atteindre 370 km / et basculer de 0 / 100 km / h en moins de 3 secondes.
L’auto est prête à être dévoilée, mais les choses ne vont pas se dérouler selon le scénario d’Ochoa. Car en octobre 2008, la crise des subprimes atteint l’Europe et l’Espagne est plus touchée que les autres pays. La récession bloque toute initiative, et malgré une annonce en 2010, d’une GTA Spano prête à être livrée, il faudra attendre le salon de Genève 2013 pour assister à son lancement officiel.
Autre problème : la Spano s’affiche entre 400 et 600 000 euros. Cher pour une auto sans le moindre pedigree et sans présence dans quelques jeux vidéo et dans le film Need for Speed n’a pas suffi à la légitimer. Résultat : sur les 99 unités prévues, seules 12 ont été fabriquées et livrées, malgré une version améliorée en 2025.
Pour autant les 12 amateurs éclairés qui l’ont acheté ne doivent pas être déçus du voyage : l’une d’entre elles s’est vendu 1,5 million d’euros aux enchères il y a quelques années. La rareté est chère, quelles que soient, parfois, les antécédents d’une marque.
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