Stellantis : des résultats décevants mais pas désespérants
L'INFO DU JOUR - Avec un bénéfice en baisse de 70% et une marge opérationnelle en chute libre, le groupe de 14 marques prend acte d'une année 2024 particulièrement difficile. Pour autant, la galaxie dispose toujours d'un bénéfice de plus de 5 milliards d'euros et reste à même de redresser la barre avec un nouveau patron en plus et, sans doute, une ou plusieurs marques en moins.
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C’est simple : tous les chiffres sont à la baisse. En publiant ses résultats 2024, Stellantis ne s’en cache pas, et ne se réfugie pas derrière une pseudo-victoire comme tout bon parti politique le ferait en cas de déculottée électorale. Le chiffre d’affaires du groupe ? il a chuté de 17% en 2024. Le bénéfice a, quant à lui, reculé de 70% et la marge opérationnelle a fondu à 5,5%, au lieu de 12,8 %, l’an passé.
Autant dire que depuis la publication de ces chiffres, l’ambiance n’est pas vraiment à la galéjade dans les couloirs de Stellantis dont le président du conseil d’administration, John Elkann, use de prudence dans son commentaire de ces mauvais résultats, évoquant des chiffres "en deçà du potentiel du groupe ». Pour le moins. D’autant que la marge de son groupe est moins bonne que celle de Renault, ce qui n’était pas arrivé depuis les années PSA.
L'ombre de Carlos Tavares flotte sur les mauvais chiffres
La faute à qui ? Tous les regards se tournent vers Carlos Tavares sans qu’il ne soit nommé à aucun moment. Et pourtant, lorsque le communiqué publié ce 26 février évoque les erreurs, elles seraient toutes été liées à la période de règne de l’ex-directeur-général, comme « l’absence de certains produits » ou les excès de stocks, qui visent directement la politique américaine de Tavares, les profits US ayant été divisé par trois en l'espace d'un an.
À l’inverse, tout ce qui s’est amélioré a été mis en place depuis trois mois, depuis le départ de l’ex-patron. Les stocks se sont réduits, les concessionnaires sont à nouveau chouchoutés, et les décisions sont moins verticales. L'on peut également y ajouter la meilleure prise en compte des rappels et la prise en charge des moteurs Puretech, mis sous le tapis auparavant.

Pour autant, si le coup est rude et la chute du groupe sévère, elle doit être relativisée. Stellantis gagne toujours de l’argent (5,5 milliards d’euros de bénéfice net tout de même) et va même distribuer des dividendes à ses actionnaires. La situation de la galaxie de 14 marques, et même 15 si l’on inclut Leapmotor, n’est pas celle de PSA en 2012 qui, au bord de la faillite, perdait plus de 5 milliards d’euros avant d’être sauvé in extremis, notamment par l’État français.
Le groupe est donc largement en état de redresser la barre sans aide extérieure. Il avance prudemment une marge opérationnelle « à un chiffre » pour 2025, sans chercher à renouveler les mirobolants 13,4% de 2022. Stellantis prévoit également le lancement de 10 nouveaux modèles cette année.
Vers une probable cession de marques
Comme remonter cette pente ? la cession d’une ou plusieurs marques semble de plus en plus plausible. En témoigne une indiscrétion livrée par l’agence Reuters. La campagne de recrutement du nouveau directeur général est en cours, à nouveau promise pour le premier semestre par les dirigeants et, comme dans toute embauche, les entretiens se succèdent.
Or, dans ceux qui concernent les candidats au poste de big boss, une question serait récurrente. A chaque postulant, les recruteurs demandent « en priorité » selon l’agence, « qu’elle est la pérennité de chaque marque ». Et si par malheur, l’un des candidats "n’a pas d’avis sur la question", il ne serait même pas retenu pour la suite du processus, selon la source de Reuters.
De quoi, en tout cas, relancer les conjectures pour savoir qui, de Maserati, DS ou Chrysler va quitter le giron de Stellantis, ni qui sera le nouveau boss qui va l’annoncer. Réponse en tout cas avant le 30 juin prochain, la date butoir ou un nom sortira du chapeau de John Elkann et, avec lui, une nouvelle feuille de route pour sortir le groupe de cette mauvaise passe.
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