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Élections européennes et dissolution de l'Assemblée Nationale : l'automobile au cœur de la tempête

BILLET D'HUMEUR. Si le séisme provoqué dimanche soir rebat les cartes politiques françaises et européennes, elle pourrait également changer la donne en matière de transition vers la voiture électrique dans l'Union, et modifier les usages français sur la route. Pour le meilleur ou le pire ?

Élections européennes et dissolution de l'Assemblée Nationale : l'automobile au cœur de la tempête

« Choc », « Coup de tonnerre », « Pari extrême », « Séisme » : les unes de journaux de ce lundi matin sont barrées de stupeur à la suite des résultats des Européennes en France. Car si le score du RN était prédit par les sondages, la dissolution expresse de l’Assemblée Nationale par le président de la République, moins d’une heure après les premiers résultats, ne l’était pas.

Cette poussée populiste à travers nombre de pays de l’Union, alliée à l’éventualité d’une victoire de l’extrême droite aux législatives du 30 juin et 7 juillet prochain, qui pourraient porter l’un de ses représentants dans le fauteuil de Matignon, risque d’avoir des conséquences au niveau européen comme français. D’un point de vue sociétal, bien sûr, mais aussi économico-environnemental et donc en ce qui concerne l’avenir des voitures électriques en particulier et de l’automobile en général.

Vers un moratoire sur la voiture électrique ?

À Bruxelles pourtant, la table n’est pas renversée suite à ces résultats. La droite traditionnelle (ou siège LR) dispose toujours du groupe le plus important de l’Assemblée, il est même en hausse depuis hier. Le groupe Renew, auquel appartient la liste Renaissance, est le deuxième de cette nouvelle législature.

Une place de dauphin que la poussée de l’extrême droite aurait pu menacer si elle n’était pas dispersée entre deux groupes. Mais il est un sujet qui rassemble le CRE, où siège Reconquête et ID le groupe auquel participe le RN : c’est leur opposition farouche à la voiture électrique.

En imaginant qu’une partie du PPE (le groupe qui regroupe les partis de la droite classique de l’Union) bascule vers ce refus de la voiture à batterie -et François-Xavier Bellamy,  tête de liste LR est sur cette ligne- c’en sera fini de l’échéance de 2035. Adieu la bascule vers l’électrique ? Pas forcément, mais la mise en place, au minimum, d’un moratoire sur cette question, est aujourd’hui parfaitement plausible.

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L'hémicycle est aujourd'hui vide. On saura le 7 juillet prochain de quoi il se remplira.
L'hémicycle est aujourd'hui vide. On saura le 7 juillet prochain de quoi il se remplira.

Mais quid de la France, au cas où le RN l’emporte aux législatives et qu’Emmanuel Macron appelle Jordan Bardella à Matignon ? Si ce possible futur premier ministre n’a pas directement la main sur les décisions européennes, il a le pouvoir de contrecarrer les mesures gouvernementales françaises d’aides à la transition.

Fini le bonus pour le VE ? Il pourrait plutôt pencher sur des aides à l’italienne. Le gouvernement Meloni, plutôt proche des idées du RN, a tranché en début d’année : le bonus n’y est plus réservé aux seules électriques, mais, en gros, à tout ce qui roule, de l’essence au GNV. Résultat : les Italiens se jettent massivement sur les thermiques. 

Autoroutes, essence, radars : vers une explosion des dépenses et une baisse des recettes

Ce scénario n’est pas le seul envisageable en France si, d’aventure, le RN arrive au pouvoir. Ses dirigeants pourraient bien être tentés d’appliquer d’autres mesures figurant dans leur programme. À commencer par la renationalisation des autoroutes, mais aussi la baisse du prix de l’essence et la fin de la multiplication des radars. La conséquence de ces mesures qui caressent l’automobiliste dans le sens du volant ? Une explosion des dépenses et une baisse des recettes de l’État plus que conséquente. Car, selon les évaluations de certains experts, la renationalisation des 9 000 km d’autoroutes coûterait entre 40 et 50 milliards.

Limiter le nombre de radars serait une mesure qui baisserait quant à elle les rentrées fiscales liées aux amendes, tout en augmentant le coût de la santé en raison de la hausse des accidents. Enfin, la baisse du prix de l’essence ne pourrait se faire sans la baisse de la TICPE et/ou de la TVA sur les carburants. Là encore, le manque à gagner se chiffrerait en milliards d’euros. Les marchés financiers ont d’ailleurs saisi le message et pour eux, toutes ces dépenses rendront la France plus endettée, plus fragile et moins solvable. Résultat : les taux d’emprunt de la dette ont augmenté de 0,15% dès ce lundi matin. Ce que la note défavorable de Standard & Poors la semaine passée n’avait pas réussi à faire, le RN l’a fait.

Carlos Tavares aux côtés d'Emmanuel Macron au Mondial de l'automobile. Au temps des promesses et des aides pour assurer la transition vers la voiture électrique. Photo Caradisiac.
Carlos Tavares aux côtés d'Emmanuel Macron au Mondial de l'automobile. Au temps des promesses et des aides pour assurer la transition vers la voiture électrique. Photo Caradisiac.

Devant la possibilité de ce programme, la bourse n’a pas tardé à réagir. Quelques heures après l’annonce de la dissolution, le CAC 40 a affiché une baisse de 2,37% à la Bourse de Paris. Si les banques sont les premières touchées, Renault et Stellantis, que l’on retrouve dans ce cercle select, sont eux aussi en baisse. De son côté, Vinci, le gestionnaire d’autoroutes et autre membre du club, plonge de plus de 5% devant le risque de voir ses bijoux nationalisés.

Si les mois qui viennent peuvent être à haut risque du côté des autoroutes, ils pourraient l'être aussi pour les constructeurs et pas seulement à cause de la baisse de leurs actions. Stellantis a engagé des milliards dans la transition vers l’électrique et, comme l’explique Carlos Tavares, « j'ai lancé mon avion à pleine puissance. Je ne vais pas dire stop et le faire tomber." Sauf si le marché le contredit, incité par une puissance publique qui tourne le dos aux batteries. 

Un sombre avenir pour Ampère ?

Même tourment chez Renault ou Luca de Meo a scindé son entreprise en deux. Côté thermique, Horse n’a pas de problème de cohérence avec ces éventuelles nouvelles dispositions. En revanche, côté électrique, quid du développement d’Ampère ? Le patron opérationnel du losange a déjà renoncé à faire entrer en bourse cette unité destinée à développer des voitures électriques. Devra-t-il renoncer à Ampère tout court ? 

Autant de questions au moment ou le continent et l’hexagone entrent dans une zone de turbulences. D’autant que, pour la première fois peut-être, l’alternance politique qui opérait traditionnellement entre la gauche et la droite, sort de ce cadre, avec des conséquences beaucoup plus larges qui risquent de toucher tous les pans économiques jusqu’à l’industrie automobile et l’usage que nous en faisons. Michel Rocard expliquait que "si vous ne vous intéressez pas à la politique, c'est la politique qui s'intéressera à vous". On pourrait ajouter, pour le paraphraser, que « si vous ne vous intéressez pas à la politique, c’est la politique qui s’intéressera à votre voiture ». 

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