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Elon Musk, Ferdinand Porsche, Louis Renault, Henry Ford et les autres

Dans Economie / Politique / Personnalités

Michel Holtz

La vindicte populaire qu'affronte Tesla aujourd'hui est inédite et elle est liée, en partie du moins, aux frasques de son patron. Pourtant, d'autres grands noms de l'automobile ont eux aussi fricoté avec l'extrême droite, sans jamais provoquer une telle haine.

Elon Musk, Ferdinand Porsche, Louis Renault, Henry Ford et les autres
L'histoire a connu d'autres patrons de l'automobile honnis. Mais jamais la réaction des consommateurs n'a atteint cette ampleur. Crédit photo : Samuel Corum/ POOL/EPA/MaxPPP.

Il a basculé du côté obscur. On ne va pas revenir sur les frasques d’Elon Musk depuis plusieurs mois, de son salut nazi réitéré, avéré ou non, en passant par son soutien très officiel, quant à lui, à l’AFD, le parti d’extrême droite allemand. Ces faits ont été largement commentés ici et ailleurs.

Pourtant, dans le scénario cauchemardesque qui déroule chaque jour l’un de ses épisodes à Washington et met en scène les deux duettistes Trump et Musk, il est un élément, parmi tant d’autres, totalement inédit : c’est la haine qui se développe envers le patron de Tesla, mais aussi envers ses voitures, et donc de leurs propriétaires.  

La cible Musk

Le « Tesla takedown » organisé ce samedi 29 mars dans le monde entier, même s’il n’a pas eu le succès escompté par ses organisateurs, a livré son lot de dégradations de Tesla Stores et de voitures de particuliers. De surcroît, l’on ne peut plus seulement expliquer la baisse des ventes des autos de la marque par un plan produit quasi inexistant et le retard à l’allumage du renouvellement de la gamme actuelle, même s’ils y contribuent très largement. Elon Musk est devenu l'homme à abattre, et ses autos une cible.

Et pourtant, le milliardaire sud-africano-américano-canadien n’est pas le seul patron de l’automobile à avoir fricoté avec l’extrême droite. Les exemples dans l’histoire, et non des moindres, ne manquent pas. De Ferdinand Porsche, qui a intégré le parti nazi en 1937, en passant par Henry Ford, décoré de la Grand Croix de l’Aigle allemand en 1938, en passant par Louis Renault, accusé, jugé et emprisonné comme collaborateur après-guerre, ils sont plusieurs dont les autos auraient pu affronter la vindicte populaire.

Une manifestante du "Tesla takedown" le 29 mars à Santa Monica en Californie. Crédit photo : CAROLINE BREHMAN/EPA/MaxPPP
Une manifestante du "Tesla takedown" le 29 mars à Santa Monica en Californie. Crédit photo : CAROLINE BREHMAN/EPA/MaxPPP

Pourtant, il n’en a rien été. Du moins jamais du niveau de ce que Tesla affronte aujourd’hui. Certes les circonstances étaient différentes. Renault a été nationalisé trois mois après l’incarcération de son fondateur, ce qui a calmé la vindicte populaire. Même constat en Allemagne, ou Volkswagen a été repris en main par les alliés après les bombardements de Vollfsburg et la capitulation. 

Quant à Ferdinand Porsche, il est accusé de crime de guerre et embastillé pendant deux ans. Pourtant, lorsque la première Porsche 356 est lancée, en 1948, elle n’est pas taguée dans la rue d’une svastika nazie. Elle sera même produite à 78 000 exemplaires. On connaît la suite et les réussites de Porsche et VW.

Henry Ford enfin, n’a jamais été menacé en raison de ses amitiés. Son modèle B, second du nom, n’a connu aucun boycott et s’est vendu à 5 millions d’exemplaires dans les années trente avant de servir de base à nombre de hot rods par la suite.

Pourquoi cette magnanimité ? Les médias existaient pourtant, les journaux se vendaient bien et même beaucoup mieux qu’aujourd’hui. Quant à la radio, elle faisait la loi. Si dans le cas de Porsche et Renault, la magnanimité du temps qui passe et une nationalisation ont pu calmer les esprits, le cas de Ford est différent. Car les Américains étaient peu concernés par ce qui se tramait en Europe.

Le Balto, avant les réseaux sociaux

Bien sûr, certains savaient que l’homme de Dearborn fricotait avec l’Allemagne hitlérienne et les Américains en parlaient entre eux, au bistrot. Les Balto étaient les réseaux sociaux de l’époque, mais avec une portée beaucoup plus limitée. 

Aujourd’hui, l’information, fausse ou avérée, est mondiale et se propage instantanément. Elon Musk ne peut pas l’ignorer. Lui qui s’est offert, à grands frais, Twitter devenu X, le sait, et en joue. Soit il s’est perdu dans un rôle d’arroseur arrosé, soit il est totalement conscient de ce qui lui arrive, à lui et à ses voitures.

Dans ce cas, il se projette peut-être déjà plus loin, dans un après Tesla qu’il abandonnerait à son (triste) sort. Mais dans ce cas, il ferait une lourde erreur économique, car si l’on souhaite se débarrasser d’une marque, il faut à tout prix la conserver en bon état. Or, en acceptant sa dévalorisation, il minimise ses gains à la revente. Mais peut-être qu’à force de côtoyer son ami Donald Trump qui compte, sur son CV, plusieurs faillites, Elon Musk a fini par lui ressembler, y compris pour son curieux sens des affaires.

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