Alfa Romeo Junior/Milano : le plus sportif des SUV urbains ? (mise à jour photos et vidéo)
Manuel Cailliot , mis à jour
Les nouveautés Alfa Romeo sont rares. Alors quand il y en a une, les attentes sont fortes. Voici qu'après le Stelvio, puis le Tonale débarque le 3e SUV de la marque, le plus petit d'entre eux : le Milano. Et il s'annonce comme particulièrement sportif. On le découvre aujourd'hui pour la première fois avec vous.
Breaking news : L'Alfa Romeo Milano, suite à un début de polémique concernant son nom, s'appellera finalement "Junior".
Cela fait quelque temps que ce dernier modèle Alfa Romeo joue à cache-cache avec nous. Déjà parce qu'on a un temps cru qu'il s'appellerait Brennero, du nom d'un col italien, comme le Tonale et le Stelvio. Puis parce qu'on l'a vu en version camouflée, mais nous l'avions aussi déjà a priori surpris en version découverte via une image volée du système multimédia...
Quoi qu'il en soit, voici enfin le Milano sans camouflages, mais pas sans artifices, présenté à la presse internationale. Devinez où ? Eh bien, sans grande surprise, à Milan, berceau historique de la marque, qui a vu les premiers modèles sortir de ses ateliers en 1910.
Et qu'avons-nous donc sous les yeux ? Le Milano est sans conteste, de part ses attributs stylistiques, un SUV ou plutôt un crossover urbain, comme les sont les Renault Captur, Ford Puma, Peugeot 2008, mais aussi les Fiat 600 ou Jeep Avenger, ses plus proches cousins techniques, puisqu'il en reprend la plateforme CMP/e-CMP. Ses mensurations (4,17 m de long, 1,78 m de large, 1,5 m de haut) sont d'ailleurs très proches de celles du Fiat 600 (2 cm de moins en hauteur pour seule différence).
Pourtant, Alfa Romeo parle d'une "nouvelle compacte", du segment B (et pas B-SUV), destinée à remplacer à la fois les anciennes MiTo et Giulietta. Surprenant ! Pour nous, ce n'est pas véritablement exact. Le Milano (un garçon, puisqu'il s'agit pour nous d'un crossover) est plutôt l'interprétation Alfa du 600 siglé Fiat ou Abarth, ou de l'Avenger siglé Jeep. Et une émanation plus lointaine mais toujours techniquement proche des Peugeot 2008, DS 3 ou Opel Moka.
Une plastique bien différente des cousins
Le Milano propose un physique que se différencie très largement de ce que l'on a pu déjà découvrir chez les concurrents du même groupe. Stellantis arrive il est vrai, à partir d'une même plateforme, à rendre ses SUV urbains très différents.
Ici, on a des proportions à la fois ramassées et musculeuses.Les fondamentaux sont toujours là, on reconnaît un modèle Alfa au premier coup d'œil, mais avec des originalités. Ainsi, deux versions de la calandre Scudetto typique : la "Progresso" avec le motif en serpent, symbole de la maison Visconti, et la "Leggenda" mettant en avant le nom de la marque, seront disponible au choix.
Les optiques sont travaillées, moins fines et plus géométriques qu'à l'habitude, donnant un regard particulier. Particulier, c'est aussi ce que l'on retient de la partie arrière, où le bandeau qui relie les feux est pour le moins surprenant pour un modèle Alfa. Pas le plus heureux, selon les angles, à notre avis. Et il nous fait un peu penser (de loin, hein) à celui du dernier Suzuki S-Cross.
Un intérieur moderne et sportif
À l’intérieur, les codes Alfa sont bien présents, mais réinterprétés de façon moderne, comme on avait pu le voir sur le Tonale. Les compteurs sont toujours logés dans des fûts ronds, baptisés "cannocchiale", qui signifie "longue-vue" en italien. L'écran multimédia de 10,25 pouces, personnalisable par glisser/déposer des widgets disponibles, est toujours un peu tourné vers la star : le conducteur. Et les aérateurs reprennent le motif en trèfle à quatre feuilles (quadrifoglio) si cher à la marque. Sympa. Les sièges sont enveloppants et fournis par l'équipementier Sabelt.
Las, si certains endroits sont recouverts d'Alcantara et moussés, le haut de la planche de bord, son bandeau supérieur, le haut des contreportes sont en plastiques durs et sonnant un peu creux. C'est très dommage pour une auto au positionnement premium. Un "simple" Renault Captur fait mieux. Heureusement que les assemblages sont réussis.
L'espace à l'arrière est assez mesuré, rançon d'utiliser la version courte de la plateforme. Mais c'est aussi parce que le volume de coffre est annoncé à 400 litres, ce qui en fait un des plus important de la catégorie, surtout rapporté au gabarit. Le Fiat 600 dans sa version électrique, annonce 360 litres seulement (385 litres en thermique), pour une longueur identique, et le l'Avenger 355 litres, mais il est plus court (4,08 m). Le plancher de coffre est réglable sur 3 positions. Et le Milano propose en plus sous son capot avant un espace de rangement pour les câbles de recharge. Idéal quand le coffre est rempli, et pour ne pas salir les bagages.
Une base technique connue, une version vitaminée "Veloce"
Techniquement, le Milano reprend des éléments bien connus dans le groupe Stellantis. Ainsi, en version électrique, il se dote du nouveau moteur 156 ch, accouplé à la batterie de 54 kWh de capacité brute (51 kWh nets). L'autonomie mixte WLTP est annoncée à 410 km, soit un peu plus que les autres modèles du groupe (entre 400 et 406). Et les capacités de recharge sont bien connues : 11 kW en courant alternatif sur borne publique ou wallbox triphasée, et 100 kW maximum sur borne rapide, ce qui permet de récupérer de 10 à 80 % de capacité en 30 minutes. Bien, mais pas top.
Toujours en électrique, cette proposition 156 ch sera complétée d'une version bien plus sportive, en finition "Veloce". Comme sur l'Abarth 600, elle proposera 240 ch, soit une puissance bien plus confortable, mais surtout, des trains roulants aux barres antiroulis au calibrage plus sportif, un rabaissement de 25 mm, des disques de 380 mm à l'avant pincés par des étriers monoblocs 4 pistons, des jantes énormes de 20 pouces et enfin, un différentiel autobloquant mécanique de type Torsen pour améliorer les capacités de traction et répartir couple et puissance de façon optimale.
Le Milano n'existera pas qu'en version électrique. Comme ses cousins, il proposera une offre thermique, qui reprendra sans surprise le nouveau 1.2 PureTech dans sans version MHEV 48v micro-hybridée, qui permet de rouler en 100 % électrique dans certaines conditions. Il développe 136 ch et a abandonné la fameuse courroie qui se désagrège dans l'huile, pour adopter une chaîne, a priori plus fiable. La transmission est une boîte mécanique pilotée à double embrayage 6 rapports, qui intègre un moteur électrique de 21 kW. Alfa annonce, comme les autres marques, un fonctionnement "jusqu'à 50 % du temps en électrique en ville".
Enfin grande première dans la catégorie (enfin pour un modèle Stellantis), le Milano thermique hybridé sera disponible en version Q4. Oui, une transmission intégrale, à propos de laquelle nous n'avons pas pu obtenir beaucoup de détails. Nous n'avons pas non plus réussi à nous faire confirmer que le Veloce électrique 240 ch serait en Q4, mais il est annoncé avec son différentiel Torsen sur l'essieu arrière. Un point à éclaircir, car nous avons eu des informations contradictoires.
Un équipement possiblement fourni
Le niveau d'équipement sera digne de la catégorie premium revendiquée par la marque. Sièges avant électriques et massants, hayon électrique, conduite autonome de niveau 2, stationnement semi-autonome, services connectés, mise à jour OTA (Over the air, en ligne), navigation connectée avec planificateur de trajet "EV routing" pour les versions électriques, application smartphone qui permet de contrôler à distance l'auto, connaître son niveau de charge, lancer le préconditionnement thermique. Enfin, Alfa Romeo, comme Peugeot et DS, introduit Chat GPT pour la première fois dans un de ses modèles avec ce Milano, via la commande vocale 'Hey Alfa"...
Au lancement, le Milano sera disponible dans une édition spéciale baptisée tout simplement "Speciale", et avec l'hybride 136 ch et l'électrique 156 ch. L'installation d'une wallbox à domicile est comprise dans cette offre de lancement. La version à batterie 240 ch et la transmission Q4 sur le thermique arriveront dans un second temps.
On ne connaît pas tous les tarifs de la gamme, mais la version Speciale Ibrida 136 ch sera à partir de 31 500 € (et non 31 000 € comme dit dans la vidéo suite à une erreur dans le dossier de presse), et la Elettrica 156 ch Speciale à partir de 40 500 €. Ce qui semble somme toute assez compétitif par rapport à la concurrence au sein du groupe Stellantis, même si l'on ne connaît pas exactement le contenu en équipement.
Photos (58)
Déposer un commentaire
Alerte de modération
Alerte de modération