Essai - Kawasaki Z650 RS : Redoutable Scrambler urbain
Jusqu'à présent, seule une Z avait eu droit à sa version RS : la 900. Depuis aujourd'hui, la famille des néo classiques Kawasaki s'agrandit avec une Z osée mixant une base de Z650 et un look de Z650-B1 de 1977. Enfin, ça, c'est pour l'histoire. De notre côté, nous avons scramblé de plaisir avec cette dernière arrivée. Alors certes elle n'a pas de gros pneus à tétine ni d'échappement en position haute, mais pour le reste…
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Note
de la rédaction
13,9/20
Note
des propriétaires
Qu'elle est jolie, cette petite Z650 RS. Petite ? En effet Le réservoir full métal (!) de seulement 12 litres est particulièrement bas devant la selle matelassée relativement haute (820 mm), tandis que le guidon de section standard s'élève conséquemment du té supérieur de jolie forme. Un té enserrant une fourche standard de 41 mm de diamètre à débattement de 125 mm. Fourche au demeurant non réglable. On ne joue donc pas la surenchère, mais on exploite la base des Z650 tout en apportant une nouvelle boucle arrière (soudée au cadre - donc un nouveau cadre) et des disques de frein ronds au lieu des pétales normalement implémentés sur le Z. On y gagne non seulement en look, plus classique, mais aussi en efficacité et en ressenti, comme nous allons le constater plus tard.
À peine sortie du garage de Kawasaki France que nous découvrons la Z650 RS sous tous les angles. Son coloris vert bouteille (métallisé), enfin vert Kawa des temps passés (Candy Emerald de son petit nom), sied à merveilles à ses formes rondes d'un autre siècle. Cette version à 8 449 €, au lieu des 8 299 € de la version de base noir métallisé, profite quoi qu'il arrive des jantes dorées à bâtons imitant de manière "réaliste" des rayons. La ligne générale s'en trouve allégée, tandis que le poids de la moto est à présent porté à 187 kg tous pleins faits, soit de quoi s'offrir à de nombreux gabarits, qui n'auront qu'à redouter l'emplacement des repose-pieds. Relativement haut perchés, même avec une garde au sol annoncée à "seulement" 125 mm, ils plient de manière important les jambes des plus d'1,80 m, contrastant avec un haut du corps bien plus détendu.
La prestance de la Z650 RS est certaine et l'on apprécie l'instrumentation à doubles culots obus, l'un pour la vitesse, l'autre pour le compte-tours, reprise à la 900 éponyme. À peine remarque-t-on l'afficheur digital LCD central, lequel ne s'éveille qu'une fois le contact mis. Il se contrôle depuis le commutateur flèche haut/flèche bas inclus dans le commodo. Un point des plus appréciables. On alterne certes entre les fonctions de base (trip journalier, consommation instantanée, consommation moyenne, distance à parcourir et totalisateur), mais la panoplie est par ailleurs complète, avec une jauge à essence, une jauge de température moteur, un indicateur de rapport engagé, une montre et un témoin de conduite économique. Moderne, donc, la Z650 RS, qui tente de justifier son tarif par de bonnes idées et une dotation valorisante. Cela dit, ce n'est pas la prise USB sous la selle qui peut à elle seule justifier la "prouesse" technologique. Seuls les doubles papillons et l'embrayage assisté font partie de la dotation technique de la Z650 RS, la connectivité Buetooth restant réservée aux modernes Z.
À ce titre, notons la clef de nouvelle forme, plate et plus solide. La finition, quant à elle est très agréable, à défaut d'être sur valorisante, surtout si l'on excepte la petite plaque greffée sur l'échappement au niveau de la sonde lambda afin de la protéger ou encore les lamelles métalliques du radiateur n'ayant ici aucune utilité. Répondant à la norme Euro 5, la Z650 RS a dû faire quelques concessions mécaniques, mais surtout esthétiques à la modernité. Comme en témoigne l'imposant dispositif d'échappement en position basse.
La ligne du collecteur nous est également apparue proéminente en sortie de culasse et jusque devant le bas moteur. À voir si on la remarque moins au fil du temps, mais les trottoirs relevés ne seront assurément pas ses amis. Quoi qu'il en soit, l'ensemble est plus harmonieux que ce que laissent présager les photos de présentation de la moto. Celles-ci mettent d'ailleurs plus en valeur le bras oscillant de type banane (ou aile de mouette).
Propre sur elle, la Z650 RS fait honneur à la famille et semble appeler la route de ses vœux. Si elle revendique une inspiration dans le passé, on la trouve particulièrement judicieuse et on la placerait volontiers face à une Ducati Scrambler, une Royal Enfield Interceptor et bien entendu une Yamaha XSR 700, rivale toute désignée pour cette nouvelle production. Une chose est sûre : l'offre s'étoffe parmi les variantes rétro, mais les motos actuelles corrigent bien des défauts des anciennes, sans avoir à remonter jusqu'aux années quatre-vingt. De fait, la Z650 RS rivalise fortement avec sa sœur de rang : la Z650, dont elle reprend l'essentiel tout en adoptant un look intemporel. "Pire" encore, elle s'oppose presque frontalement avec une moto venue de Chine et dotée de la même architecture moteur qu'elle mais plus assistée : la CF Moto CL-X 700 Heritage…
En attendant un futur comparatif, nous allons lui dégourdir les pneus sur les routes de la région parisienne. Les Dunlop RoadSport 2 ne sont pas encore rodés et dans leur dimension 120/70 et 160/60 ZR17 ils paraissent bien fins et sportifs. Action !
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